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AAC Congrès de l’AFS à Toulouse 2025

Enfant qui colle des morceaux de papier coloré en forme d'arc en ciel. Le papier coloré évoque les "plis" de l'individu.
Photo de Taylor Heery sur Unsplash

Le RT 50 a publié son appel à communications pour le congrès de l’AFS qui se tiendra en juillet 2025 à Toulouse. En 2025, le RT50 « Socialisations » saisit le thème du congrès « Environnement(s) et inégalités » pour proposer trois axes de travail. Il rejoint également les RT4 (Sociologie de l’éducation et de la formation) et RT43 (Sociologie et religion) pour une session croisée.   

Axe 1 – Cause écologique, rapport à la nature et processus de socialisation Le premier axe propose d’interroger les processus de socialisation par et à la nature, l’environnement et l’écologie. Qu’est-ce que le changement climatique et la crise écologique font aux processus de socialisation ? Dans quels cadres sociaux et comment les individus incorporent-ils des manières de faire et de penser liées au changement climatique ? Par quels mécanismes acquiert-on – et n’acquiert-on pas – des dispositions à “écologiser” ses pratiques, en particulier de consommation (alimentaires, vestimentaires, énergétiques, etc.) ? Une attention pourra être portée aux processus de transformation des dispositions antérieures, sous l’action d’instances socialisatrices diverses (famille, pairs, entreprises, institutions publiques, associations, etc.), dans un sens plus “écologique”.  Cet axe invite également à interroger l’incorporation de façons d’agir vis-à-vis de la nature, végétale ou animale. De quelles manières les enfants apprennent-ils à entrer en relation avec la nature et à caractériser même ce qui relève ou non de “la nature”, de façon différenciée selon leur position de classe, de genre, de race ou encore leur lieu d’habitation ? Comment se modifient au fil du temps les pratiques relatives aux milieux naturels et aux mondes animaux, qu’elles soient domestiques, ludiques ou professionnelles ? Par exemple, par quels processus les individus sont-ils socialisés à un rapport contemplatif ou au contraire utilitaire à la nature ? Quels sont les ressorts des dynamiques de “retour à la nature” qui peuvent être observés chez une partie des populations urbaines ?    La visibilité médiatique et politique croissante de la cause écologique interroge enfin la place de celle-ci dans les processus de socialisation politique. Dans la socialisation aux objets spécialisés du champ politique (partis, idéologiques, élections), comment la cause écologique entre-t-elle en considération ? Quels sont les ressorts de la politisation écologiste, tant à la fois en termes de dispositions préalables qu’en termes d’effets socialisateurs ? Comment cette politisation s’inscrit-elle dans les clivages politiques droite-gauche ? Dans quelle mesure l’attention à cette cause produit-elle des dispositions contestataires, l’intériorisation de visions dépolitisées, ou dans quelle mesure entre-t-elle en affinité avec des positions conservatrices ? Quels processus de socialisation peut-on identifier au sein des différentes mobilisations environnementales ?    

Axe 2 – L’environnement spatial et la socialisation   Dans une acception plus large, l’environnement désigne le milieu spatial dans lequel évoluent les individus et les groupes sociaux : nous attendons, en ce sens, des propositions spécifiquement dédiées au rôle que joue la dimension spatiale dans l’intériorisation de dispositions (des socialisations par l’espace), ou s’intéressant à la construction de dispositions qui impliquent l’usage de cette dimension (des socialisations à l’espace). La proximité spatiale (à un groupe social, à un lieu où s’inscrit de manière privilégiée une institution sociale particulière, etc.) peut avoir des effets socialisateurs, quelles qu’en soient les modalités (notamment par diffusion et imprégnation, par familiarisation, par publicisation et légitimation, ou par différenciation). La distance spatiale peut également avoir des effets socialisateurs, ne serait-ce qu’en rapprochant ou en éloignant de certaines instances socialisatrices. Les propositions pourront interroger les canaux de la socialisation par l’espace : dans quelle mesure peuvent-ils être d’ordre physique, à travers la simple mise en présence d’objets, le cadre matériel des déplacements, les séparations spatialement objectivées (toilettes genrées, espaces VIP…), ou incarnés, à travers les interactions sociales probables en un lieu donné, ou encore territorialisés, à travers l’inscription spatiale d’institutions sociales déterminées ? Les questions classiques qui traversent l’étude de l’espace gagneront également à être posées ici, comme celle de la distance à laquelle peut s’opérer un mode de socialisation donné, ou celle des échelles spatiales d’action d’une instance socialisatrice donnée. Toute proposition sur l’action socialisatrice du territoire, de l’architecture ou de l’espace est ainsi bienvenue. Du côté de la socialisation à l’espace, les communications pourront porter sur les socialisations à l’usage de l’espace dans différents contextes plus ou moins réglementés, aux déplacements et installations dans des espaces domestiques (comme le logement et son extérieur immédiat), institutionnels (ludothèques, salles d’attente, etc.), commerciaux ou encore publics. En particulier, l’acquisition d’une aisance avec des objets représentant ou organisant l’espace (cartes, système de transport, signalisation, etc.) mérite d’être étudiée. S’inscrivent également dans cet axe les recherches sur la construction du champ des (im)possibles en matière de choix résidentiels et professionnels, de lieu d’études, d’ancrage local, de circulation à large échelle et plus généralement d’appropriation de l’espace local, national et international. Il s’agira en somme de questionner la manière dont la socialisation façonne le rapport à l’espace.  

Axe 3 : En quoi l’« environnement » participe-t-il aux processus de socialisation ? Ce troisième axe de travail est plus théorique : il interroge la définition, le rôle et les effets de l’environnement sur l’acquisition de façons d’être, de penser et de faire tout au long de la vie des individus. Loin d’être absente de la sociologie de la socialisation, la question de la place de l’environnement a pu être abordée à travers, entre autres, l’idée de socialisation par osmose, c’est-à-dire par frottement ou imprégnation. Le rôle socialisateur de l’environnement peut toutefois être envisagé d’autres façons. Cet axe invite ainsi à « mettre au travail » le concept d’environnement, de façon à réinterroger ce qui agit et ce qui est produit exactement à travers ces « manières douces » de socialiser. Premièrement, l’axe invite à s’interroger sur ce que désigne réellement le terme d’environnement, lorsqu’il est envisagé dans l’analyse des processus de socialisation. Existe-t-il une différence entre environnement socialisateur et contexte socialisateur ? À quelle échelle envisage-t-on l’environnement (contexte historique, géographique, politique ou sphère familiale, amicale, professionnelle…) ? L’environnement désigne-t-il un espace, un lieu, une situation générale, des configurations spécifiques (composition et articulation des agents de socialisation) ou encore un “milieu” social ? La façon dont ces environnements s’imbriquent, se superposent ou s’opposent les uns par rapport aux autres pourra être interrogée, de même que leurs évolutions dans le temps. Dans un second temps, l’axe propose de questionner la force socialisatrice (potentielle) de l’environnement. Autrement dit, est-ce l’environnement qui socialise ou rend-il seulement possible le déploiement de processus assurant la transmission de normes, pratiques et dispositions ? Quels seraient les mécanismes concrets par lesquels l’environnement agit sur la formation et la transformation des individus ? Le rôle de l’environnement dans la mise en veille ou l’activation des dispositions pourra être interrogé, notamment concernant les modalités du transfert de dispositions d’un environnement à l’autre. Enfin, la question du rôle de l’environnement dans les processus de socialisation pose celle des produits différenciés de ces processus. Différents environnements produisent-ils forcément différents effets de socialisation ? Ce dernier point sera l’occasion de se demander ce qu’apporte l’analyse de l’environnement dans les processus de socialisation à la compréhension des mécanismes de (re)production ou de réduction des inégalités. 

Session croisée RT4/RT43/RT50 : “Interroger la socialisation religieuse dans l’enfance. Contextes, modalités et incorporations”. Dans le prolongement de ces travaux, la session croisée entre les RT 4, 43 et 50 vise à mettre en dialogue des recherches sur l’éducation et les socialisations religieuses dans l’enfance. Les communications pourront porter sur les processus de formation et de transformation (Darmon, 2016) des enfants dans différents espaces : école, famille, activités extrascolaires, etc. Comment ces contextes façonnent-ils les dispositions religieuses des enfants ? Quels sont les principaux·ales agent·es socialisateurs·trices religieux (parents, enseignant·es, aumoniers·ères, pairs, manuels, réseaux sociaux, médias) ? Quels sont les contenus véhiculés (savoirs, savoir-être, savoir-faire, visions du monde, perceptions de l’ordre social) ? Quelles sont les modalités concrètes de la socialisation ? Les communications pourront s’intéresser à ce qui se passe au sein de chacune des instances socialisatrices (dans la famille, au sein de l’école, dans le lieu de culte, etc.) et entre elles (continuité, discontinuité, mise en cohérence, harmonie, dissonance). Les propositions pourront prêter attention non seulement aux stratégies visant à transmettre le religieux, mais aussi aux dimensions plus implicites de la socialisation. Les recherches sur la réception et l’interprétation des normes du côté des enfants sont également bienvenues. Quelles sont leurs attitudes face à l’enseignement religieux ? Incorporent-ils·elles des dispositions qui contribuent à « inscrire » des croyances dans les corps (Lagroye, 2009) ? Dans quelle mesure font-ils·elles  « leur » (Masclet, 2015) une appartenance, une croyance, une pratique ou une tradition ? Hiérarchisent-ils·elles les contenus transmis ? Les participant·es seront invité·es à considérer les processus d’identification et de construction de dispositions religieuses au croisement de différents rapports sociaux (classe, genre, race, âge, etc.). L’appel est ouvert à des travaux portant sur divers espaces géographiques ou historiques.

Les modalités de soumissions se trouvent sur le site de l’Association française de sociologie.

RT50 Socialisations
RT50 Socialisations

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
RT50 Socialisations (28 octobre 2024). AAC Congrès de l’AFS à Toulouse 2025. Socialisations . Consulté le 6 octobre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/12l31


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