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Soutenance de thèse d’Hélène Oehmichen

Photo de Simon Hurry sur Unsplash

C’est avec grand plaisir que nous vous informons de la prochaine soutenance de thèse d’Hélène Oehmichen. Elle aura lieu le 12 novembre 2024 à 14h, sur le site Pouchet du CNRS (59/61 rue Pouchet, 75017 Paris).

Elle s’intitule L’appropriation des enfants, et porte sur le placement en famille d’accueil en France.

Si vous souhaitez y assister, vous pouvez faire part de votre venue à Hélène Oehmichen en la contactant par mail (helene.oehmichen@ehess.fr).

 

Le jury est composé de :

Sibylle GOLLAC, Chargée de recherche, CNRS (examinatrice)

Wilfried LIGNIER, Directeur de recherche, CNRS (directeur de thèse)

Pierre MERCKLÉ, Professeur des Universités, Université Grenoble Alpes (rapporteur)

Juliette RENNES, Directrice d’études, EHESS (examinatrice)

Gilles SÉRAPHIN, Professeur des Universités, Université Paris-Nanterre (examinateur)

Delphine SERRE, Professeure des Universités, Université Paris Cité (rapportrice)

 

Le résumé de la thèse est le suivant :

Cette thèse traite de l’appropriation des enfants par leurs parents, à travers l’étude du placement judiciaire des mineur·es, et plus particulièrement du placement en famille d’accueil. Le placement y est pensé comme un cas limite, où les catégories instituées de « parent » et « d’enfant » perdent leur apparence d’évidence, de naturel et d’universel. Cela permet d’interroger, au-delà de la filiation juridique et du partage du quotidien, la genèse sociale du rapport parent-enfant, ainsi que les légitimités qui lui sont associées. Quatre régimes d’appropriation des enfants (privé, familial, public, commun) sont distingués, et deux sont particulièrement discutés et mis en tension : l’appropriation privée d’une part, quand un·e adulte tire profit du travail ou du corps d’un·e enfant et s’inscrit dans un rapport de pouvoir, et l’appropriation familiale d’autre part, qui intègre l’enfant à un groupe plutôt qu’à un autre, et l’investit comme un·e héritier·e porteur·se du statut social d’une lignée. Le propos s’appuie sur une enquête statistique et ethnographique menée dans un département de l’ouest de la France. L’enquête permet d’abord d’établir la distribution institutionnelle des droits à investir dans des enfants en déployant des stratégies familiales de reproduction, et des droits à les dominer. Il y est montré que, du fait de conditions sociohistoriques précises, de grilles de lecture socialement situées des agent·es de l’État et d’un fonctionnement organisationnel dans lequel les institutions médico-administratives occupent une place primordiale, le placement s’inscrit dans une politique de prise en charge des enfants résolument familialiste. Il ne vise pas à rompre le lien de parenté, mais à le normaliser ; les parents concernés sont d’abord ceux accusés de ne pas investir suffisamment dans leurs enfants. Par conséquent, le placement concerne prioritairement les fractions précaires des classes populaires, et incrimine principalement les mères et les parents porteurs d’une identification d’invalidité. Qui plus est, aucun investissement alternatif n’est proposé aux enfants placé·es, dont seule la prise en charge quotidienne est assurée. Le propos se centre ensuite sur les conditions sociales nécessaires à l’établissement et au maintien d’un tel lien de parenté, entre enfants placé·es et parents d’origine, mais également entre enfants placé·es et famille d’accueil. Il restitue l’aspect interactionnel de la construction des statuts d’enfant et de parent, en montrant l’importance de la légitimité accordée ou non par les enfants aux adultes qui cherchent à les socialiser et/ou à les dominer. Il en restitue également l’aspect processuel, et non systématique : quand le placement se prolonge, certains parents d’origine perdent ce statut, et certaines familles d’accueil intègrent malgré tout les enfants dans leur lignée, ou exploitent malgré tout leur travail et leur corps. Enfin, la thèse étudie la façon dont les enfants négocient le fait d’être ou non approprié·es, ainsi que les conséquences de l’appropriation – ou de son absence – sur leurs subjectivités et sur leur position dans l’espace social.

RT50 Socialisations
RT50 Socialisations

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
RT50 Socialisations (28 octobre 2024). Soutenance de thèse d’Hélène Oehmichen. Socialisations . Consulté le 6 octobre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/12l85


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