Soutenance de thèse de Corentin Simon-Barbotin
Corentin SIMON BARBOTIN soutiendra sa thèse de doctorat le jeudi 21 novembre 2024 à 14h, co-dirigée par Julie THOMAS, maîtresse de conférences à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne et Christine DÉTREZ, professeure à l’École Normale Supérieure (ENS) de Lyon
Elle s’intitule :
«Faire autorité» en terrain sportif : la construction des féminités et masculinités chez les arbitres et les juges. Les cas de la gymnastique artistique, du handball et du rugby
Le jury sera composé de :
- Monsieur Sébastien FLEURIEL, rapporteur et professeur au Centre Nantais de Sociologie (CSN) de l’Université de Nantes
- Monsieur Manuel SCHOTTÉ, rapporteur et professeur au Centre Lillois d’Études et de Recherches Sociologiques et Économiques (CLERSÉ) de l’Université de Lille
- Madame Oumaya HIDRI NEYS, professeure au Centre de recherche Textes et Cultures de l’Université d’Artois
- Madame Aurélia MARDON, maîtresse de conférences au Centre Lillois d’Études et de Recherches Sociologiques et Économiques (CLERSÉ) de l’Université de Lille
Résumé
Les arbitres et les juges forment un groupe particulier dans le monde sportif (Le Tiec, 2018), dont deux éléments particuliers peuvent retenir l’attention : il est investi, sur le papier, d’une fonction d’autorité – vue comme indispensable à la bonne tenue des compétitions -, mais aussi symboliquement dévalorisée ; et il ne met pas officiellement en oeuvre la traditionnelle organisation basée sur les catégories de sexe, qui caractérise les compétitions sportives fédérales. Reposant sur une analyse de documents officiels, d’entretiens biographiques et d’observations de compétitions et de formations, cette thèse étudie les mécanismes par lesquels les arbitres et les juges s’approprient et éprouvent cette autorité, à l’aune du genre. Cette démarche, appliquée à des « loisirs sérieux » (Stebbins, 1982), prend en compte plusieurs expériences socialisatrices, et intègre tant les interactions en situation que les ressources issues de socialisations antérieures. Les trois terrains d’enquête – gymnastique artistique, handball et rugby – réunissent des pratiques d’arbitrage et de jugement dans des contextes sportifs qui présentent différents régimes de genre. Cette comparaison fait émerger les modalités de la légitimité à laquelle aspirent ces individus, en mobilisant le concept de hiérarchies des masculinités (Connell, 2014) et ses dérivés. Ainsi, l’injonction à « faire autorité » se structure autour de normes hétérogenrées, qui participent à travailler les féminités et masculinités incarnées par les enquêté∙es ; tant dans leur manière de performer le pouvoir qui leur est confié, que dans leur capacité à être considéré∙e légitime pour l’exercer. Cette injonction et les dimensions décrites traversent les compétitions, via les pratiques corporelles et le travail émotionnel effectué auprès des autres acteur∙rices, et les autres instances de socialisation à l’arbitrage et au jugement ; et cette nécessité se retrouve d’ailleurs dans des espaces extérieurs au monde sportif (familial et professionnel).
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
RT50 Socialisations (19 novembre 2024). Soutenance de thèse de Corentin Simon-Barbotin. Socialisations . Consulté le 15 septembre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/12pss

