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Soutenance de thèse d’Anthony Forestier

Salle de classe
Photographie d'Anthony Forestier

Anthony Forestier soutient sa thèse, intitulée Ethnographie des socialisations scolaires d’élèves allophones en situation migratoire : (faire) apprendre l’école par corps et par cœur, le mercredi 11 juin 2025 à l’Université Rennes 2. Elle a été préparée au laboratoire VIPSsous la co-direction de Mme Gaëlle SEMPE (Université Rennes 2) et de M. Gilles COMBAZ (Université Lyon 2).

 

Résumé de la thèse :

 

À partir d’une sociologie dispositionnaliste et contextualiste, cette thèse analyse les socialisations scolaires d’élèves allophones nouvellement arrivés en France. Dotés d’un patrimoine de dispositions pluriel et dynamique – façonné au cours de leur parcours de vie en terres d’émigration puis d’immigration, selon leur position dans les rapports sociaux –, ces élèves incorporent et habitent inégalement les normes scolaires. Déployée dans un lycée, un collège et deux écoles primaires, cette enquête ethnographique s’appuie sur des observations quotidiennes menées sur le temps long, des entretiens, ainsi que sur le recueil de productions et de documents scolaires. Dans une première partie, nous proposons une analyse intra-individuelle de dix portraits d’élèves dont l’âge, le sexe, l’origine sociale et la nationalité varient. En plus d’éclairer des scolarités inégales et complexes, ces portraits font ressortir les variations, les transformations et les renforcements dispositionnels permettant aux allophones de s’ajuster (ou non) aux exigences professorales. Tandis que l’acculturation scolaire s’avère difficile pour certains, d’autres oscillent entre des ajustements et des désajustements qui sont à la fois non linéaires, pas toujours stabilisés et donc potentiellement réversibles au cours de leur scolarité française. En parallèle, une minorité d’entre eux arrivent déjà « faits » pour l’école et disposés pour y réussir. Ainsi, derrière les grandes mobilités migratoires de ces élèves s’observent de petites mobilités dispositionnelles ; elles-mêmes rendues possibles par les expériences incorporées avant la migration et certains ressorts de transformation présents dans les contextes scolaires investigués. À la suite de ce raisonnement par cas, une analyse inter-individuelle explore plus globalement le déploiement (par l’institution) et les réceptions (par les élèves) d’un processus d’enveloppement scolaire. Par l’intermédiaire de celui-ci, les enseignants entendent transformer les allophones jusqu’à leur intégration totale en classe ordinaire, en leur faisant apprendre l’école « par corps » et « par cœur ». En plus de l’Unité Pédagogique pour Élèves Allophones Arrivants au sein de laquelle ils sont inscrits et que nous identifions comme un contexte socialisateur maternant, cet enveloppement scolaire se diffuse dans les autres espaces de l’établissement à travers : un quadrillage de l’espace, un encadrement du temps, l’imposition d’une langue, la disciplinarisation de l’hexis corporelle (via la posture, la tenue vestimentaire, leurs rapports au sport, à l’hygiène et à la santé, aux pratiques alimentaires) ainsi qu’un contrôle des émotions. Cependant, les allophones réceptionnent inégalement les normes scolaires. Ce travail souligne donc l’importance de tenir compte de leur passé incorporé, de leurs conditions d’existence en France et de leurs socialisations amicale et familiale ; ces dernières pouvant renforcer ou freiner l’action socialisatrice des enseignants. In fine, l’étude des socialisations scolaires d’élèves allophones reflète, en filigrane, les enjeux politiques et éducatifs qui se nichent derrière l’accueil et la prise en charge, par l’école, des enfants et des jeunes en situation migratoire.

 

Composition du jury :

 

  • Maïtena ARMAGNAGUE – Professeure Associée, Université de Genève (rapportrice)
  • Gilles COMBAZ – Professeur Emérite, Université Lyon 2 (co-directeur de thèse)
  • Stéphanie RUBI – Professeure des Universités, Université Paris Cité (examinatrice)
  • Gaëlle SEMPE – Maîtresse de Conférences, Université Rennes 2 (co-directrice de thèse)
  • Manuel SCHOTTE – Professeur des Universités, Université de Lille (rapporteur)
  • Gilles VIEILLE-MARCHISET – Professeur des Universités, Université de Strasbourg (examinateur)

 

Informations pratiques

 

  • Mercredi 11 juin 2025, à 13h30.
  • Salle des thèses, Bâtiment de la Présidence de l’Université Rennes 2 (campus Villejean), Place du recteur Henri Le Moal, 35000 Rennes.
  • La soutenance sera suivie d’un pot de thèse.
  • Un lien visio pourra être transmis aux personnes qui souhaitent assister à la soutenance en distanciel. Pour l’obtenir, veuillez contacter Anthony Forestier à l’adresse suivante : anthony point forestier chez ens-rennes point fr 

 

 

RT50 Socialisations
RT50 Socialisations

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
RT50 Socialisations (2 juin 2025). Soutenance de thèse d’Anthony Forestier. Socialisations . Consulté le 7 août 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/141mt


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